Les TMS (troubles musculo-squelettiques) entraînent de lourdes dépenses pour les entreprises et l’Assurance Maladie. Des programmes de prévention sont instaurés systématiquement dans les entreprises des secteurs à risques comme la logistique et les transports, le BTP ou l’agroalimentaire.
En plus des coûts directs et indirects que doivent payer les entreprises, les TMS génèrent également une dégradation du climat social. En effet, lorsque l’absentéisme perturbe les chaînes de production, les équipes sont contraintes de s’adapter pour maintenir la productivité. En exécutant les gestes routiniers et délétères pour la santé des salariés, la robotique collaborative joue un rôle majeur dans la gestion de l’absentéisme.

Les cobots peuvent-ils éviter la surcharge de travail des équipes sollicitées ?

Comment faire face à l’absentéisme quand l’entreprise n’a pas intégré la robotique à son système de production ?

Chaque entreprise doit réorganiser le travail en cas d’absentéisme. La vacance d’un poste a un impact sur la productivité; c’est pourquoi pour maintenir la bonne marche de l’entreprise, les dirigeants doivent faire des choix pour gérer au mieux leurs ressources humaines et la production.

Peu d’options s’offrent alors au manager :

  • l’embauche temporaire de personnel.
  • la répartition des tâches au sein de l’équipe.
  • la rotation des tâches entre les coéquipiers

Dans le cas où l’entreprise n’a pas déployé de robots collaboratifs, ces trois possibilités montrent rapidement leurs limites.
D’abord, l’embauche d’un nouveau salarié est chronophage compte tenu du temps de recrutement et de formation nécessaire.
Ensuite, l’implication des coéquipiers peut être une source de conflit due à la charge de travail supplémentaire. Cela nécessite aussi au préalable la formation des opérateurs remplaçants et une rétribution.

La rotation des tâches rend les opérateurs polyvalents et leur permet d’occuper différents postes plus facilement pour maintenir l’activité en cas d’absence.
Cette organisation présente des avantages :

  • La réduction en amont des TMS. En effet, la rotation des tâches aide le corps à mieux récupérer puisqu’elle soulage les techniciens qui ne sollicitent pas en continu les mêmes parties de leur corps. On sait que les mouvements répétitifs et routiniers effectués sur de longues périodes fatiguent et peuvent causer à moyen et long terme des maladies professionnelles.
  • La diversification des tâches. Les opérateurs diversifient leurs tâches car la rotation induit la maîtrise de différentes compétences ce qui permet de sortir de la routine d’un travail monotâche et de le valoriser.

Cependant, cette rotation n’est pas toujours bien acceptée par le personnel. Certes, la flexibilité d’un opérateur est un réel atout pour l’activité, mais elle peut être à l’origine de nombreux inconvénients :

  • L’augmentation du risque de burn-out liée à une pression et à une surcharge de travail. Être polyvalent exige une réactivité identique à chaque poste de production et la gestion de plusieurs tâches. Ainsi, mécaniquement le risque d’accident de travail et le stress augmentent, notamment en cas de cadence accélérée.
  • Le découragement des collaborateurs. La rotation de différentes tâches spécialisées ne rend pas le travail optimal. Un opérateur ne peut pas maîtriser tous les savoir-faire. Ce fait peut provoquer le sentiment d’être sous-estimé et décourager le personnel.
  • Le développement de postes sous-qualifiés. En effet, la polyvalence tend vers la rationalisation et la simplification des tâches pour que celles-ci soient exécutées rapidement et facilement; ce qui induit le développement de postes qui demandent peu de compétences.

La santé ou la productivité ? Le choix de la robotique collaborative pour sortir de l’impasse.

En déployant les robots collaboratifs au sein de leurs processus de fabrication, les gérants n’ont plus à choisir entre la santé des salariés et la productivité de l’entreprise. L’intégration de la robotique permet de repenser le rapport entre la santé et le travail.

Les cobots sont des robots collaboratifs, ce qui signifie qu’ils ne remplacent pas l’Homme, mais l’assistent dans ses tâches. Ils permettent de mieux gérer la reproductibilité des processus de fabrication puisque ils sont conçus pour reproduire à l’identique les gestes répétitifs et pénibles d’un opérateur. En cas d’absentéisme, les cobots jouent ainsi un rôle
majeur :

  • Il limite les risques de TMS. Lors d’un remplacement, les collaborateurs sollicités ne risquent pas de se blesser en effectuant des gestes auxquels ils ne sont pas habitués puisque les cobots les accomplissent à leur place.
  • Ils sont programmables et peuvent être programmés pour être complètement autonomes ne nécessitant quasiment pas d’intervention humaine, notamment dans la logistique grâce aux cobots autonomes et mobiles capables de déplacer de lourdes charges.
  • Les cobots valorisent l’autonomie et la polyvalence des équipes de terrain. Grâce à leur facilité de programmation, les cobots sont flexibles. Les opérateurs peuvent leur déléguer des tâches pénibles et répétitives et les programmer selon les besoins. Bien qu’il existe des interfaces intuitives, la programmation du cobot demande une formation préalable. C‘est pourquoi, les décideurs ont tout intérêt à impliquer les collaborateurs lors de l’intégration du cobot. Ce management fait ainsi partie de la revalorisation du travail au sein de l’entreprise par la responsabilisation.

En cas d’absentéisme, la robotique permet de réorganiser le travail d’équipe au lieu de le désorganiser. Santé et travail, deux exigences que la robotique collaborative permet de rendre complémentaires.
Cette collaboration homme/robot est le fruit d’une réflexion autour de la notion de travail des hommes et des femmes. Les décideurs industriels et leurs salariés sont-ils prêts à intégrer systématiquement des cobots pour préserver la santé ? Ces technologies font bouger les frontières, aussi les métiers ne disparaissent pas, mais ils changent et demandent de nouvelles compétences. Quand l’absence d’un opérateur a de moins en moins d’impact sur la productivité de l’entreprise, la question de cette collaboration invite à une nouvelle façon de penser le travail et ouvre la voie à une nouvelle société.