Tendinites, douleurs musculaires, lombalgies, la liste des maladies professionnelles est longue comme une ligne de production… et les enjeux de la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS) au sein de l’entreprise sont nombreux.


En 2019, les arrêts de travail représentaient plus de 11 millions de journées de travail perdues(1) pour les seuls TMS. En 2019, on déplore 50 392 TMS reconnus comme maladies professionnelles(2), 1,6 millions déclarés et 655 715 accidents de travail !


Ces TMS ont des répercussions sur la vie des salariés souffrants qui risquent une rupture professionnelle, sur l’entreprise qui voit le travail d’équipe se désorganiser, entraînant des coûts directs et indirects importants(3) et sur l’Assurance Maladie estimant à 21 512 € le coût moyen d’un TMS.

C’est à l’aune du plan France Relance que l’on peut mesurer l’opportunité qu’offre la robotique dans la prévention des TMS, en particulier en milieu hospitalier et lieu d’hébergement pour personnes âgées, secteurs fortement sollicités pendant la crise sanitaire.

Comment la robotique se met au service de l’humain pour lutter contre les maladies professionnelles ?

Leur ergonomie et leur flexibilité permettent aux cobots d’interagir avec les humains. Ils accomplissent sous le contrôle des opérateurs les tâches affectées à un poste de production quel que soit le secteur industriel de l’entreprise.
Grâce à ses nombreuses applications, la robotique collaborative représente l’avenir de la lutte contre les TMS et les maladies professionnelles.

En effet, les cobots sont capables de reproduire les gestes répétitifs comme toutes les actions d’usinage, de porter des charges, de mettre en conditionnement ou de manipuler des produits dangereux qui sont potentiellement des actions responsables de douleurs et de maladies reconnues. Les cobots sont conçus selon des principes d’ergonomie pour collaborer avec les opérateurs en toute sécurité, sans contraintes physiques.

Cependant, la robotique n’est un remède aux TMS que si leurs causes sont bien identifiées. C’est pourquoi, équiper un poste de production d’un cobot pour traiter les causes des maux ne peut se faire qu’après un audit clair, une observation précise de chaque geste des opérateurs et une concertation pertinente entre opérateurs et décideurs.

Les nouvelles technologies comme la cobotique nourrissent de grands espoirs pour “l’Industrie du futur” qui souhaite favoriser l’épanouissement professionnel, le bien-être, les savoir-faire, l’agilité des salariés et la sécurité sanitaire au sein des entreprises.
La cobotique fait évoluer le travail en replaçant l’humain au cœur de l’action industrielle. Il contribue aussi à repenser le modèle économique en redéfinissant le rôle de l’opérateur et en instaurant de nouveaux objectifs d’ordre économique, sociétal ou humain.
Dans ce but, la cobotique a toute sa place dans le milieu hospitalier, secteur durement éprouvé pendant la crise sanitaire. Il est question de prendre soin des personnes qui soignent d’autres personnes.

Intégrer la robotique dans le secteur hospitalier, c’est prévenir les TMS des soignants pour mieux prendre soin des patients.

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Petit à petit, les robots évoluent hors des chaînes de production. Ils intègrent désormais le milieu hospitalier qui, éthiquement et techniquement, ne s’y prêtait pas. Hormis les technologies de pointe qui permettent aux chirurgiens d’effectuer des opérations lourdes en présence ou à distance, les cobots coexistent avec les personnels amenés à produire des efforts délétères pour leur santé.

Ainsi certaines solutions mécatroniques permettent de réduire la pénibilité au quotidien (en équipant des brancards par exemple) et la robotique mobile peut être utilisée pour transporter des médicaments ou du matériel médical de manière autonome. Ces véhicules intelligents sont équipés d’éléments permettant d’analyser leur environnement et possèdent une carte de navigation : ils déambulent ainsi en évitant les obstacles sur leur parcours.
Cette évolution technologique est l’opportunité pour les soignants et les personnels aidant de consacrer plus de temps aux patients et de leur permettre de se recentrer sur l’essentiel de leurs missions tout en les libérant des contraintes physiques.

Lutter contre les TMS ne relève pas que de l’empathie ou de la bienveillance, c’est aussi un enjeu de productivité et de santé des entreprises françaises. L’assurance Maladie a mis en place pour les entreprises tous secteurs confondus des programmes de prévention : les salariés doivent intégrer les bonnes habitudes pour se protéger des TMS. Pourtant malgré les conseils des ergonomes, des médecins du travail, les tâches manuelles effectuées en continu fatiguent le corps qui inévitablement finit par se blesser.


Au vu des nombreuses victimes de maladies professionnelles et des coûts lourds qu’elles entraînent, la démocratisation de la cobotique devient donc urgente. On peut se demander pourquoi, malgré les dispositifs financiers mis en place et le ROI intéressant, les décideurs sont encore réticents à déployer des robots collaboratifs sur les chaînes de production.

Sources

(1)https://www.ameli.fr/paris/entreprise/sante-travail/risques/troubles-musculosquelettiques-tms/secteurs-activite#:~:text=Sept%20secteurs%20sont%20particuli%C3%A8rement%20touch%C3%A9s,personnes%20%C3%A2g%C3%A9es%20d%C3%A9pendantes%20(Ehpad).

(2)https://www.ameli.fr/paris/entreprise/actualites/accidents-du-travail-et-maladies-professionnelles-le-bilan-2019-par-secteur-et-type-de-risques
(3) https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/approche_economique_des_TMS.pdf

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